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Suicide et dépression : un taux élevé parmi les survivants d'un cancer pédiatrique

Suicide et dépression : un taux élevé parmi les survivants d'un cancer pédiatrique

Les adultes ayant survécu à un cancer de l'enfant présentent un risque de dépression et de suicide plus élevé que la population générale, associé notamment à certains traitements anticancéreux antérieurs et à leur état de santé présent, démontre une étude publiée dans le "Journal of Clinical Oncology".

De nombreuses études antérieures ont montré que le risque de dépression et de tentatives de suicide était plus élevé chez les patients atteints d'un cancer, en raison des souffrances physiques et mentales associées à la maladie et aux traitements. Toutefois, peu d'études ont évalué ce risque plusieurs années après la fin du traitement. Les patients ayant souffert d'un cancer pédiatrique présentent un risque particulièrement élevé de dépression et de suicide car les traitements de ce type de cancer sont souvent très agressifs.

Christopher Recklitis de l'Institut du cancer Dana-Farber à l'université d'Harvard (Boston, Etats-Unis) et ses collègues, ont conduit une étude auprès de 226 adultes, âgés entre 18 et 64 ans, ayant survécu à un cancer pédiatrique afin de déterminer le taux de dépression et de tentatives de suicide dans cette population et l'association éventuelle de ces symptômes avec un type de traitement anticancéreux ou un mauvais état de santé.

Les anciens patients, recrutés dans des centres cliniques pluridisciplinaires spécifiquement dédiés aux survivants de cancers, ont été questionnés en moyenne 18 ans après leur diagnostic initial de cancer pédiatrique (lymphome, leucémie, sarcome, tumeur de Wilm) à l'aide de tests de diagnostic pour la dépression et les tendances suicidaires.

D'après les résultats de l'étude, 29 survivants (12,8%) ont présenté des idées suicidaires ou ont rapporté des tentatives de suicide, bien que seulement 11 des participants aient été diagnostiqués pour une dépression.

Les idées suicidaires et les tentatives de suicide ont été positivement associées à un âge jeune au moment du diagnostic de cancer, à une leucémie, à la dépression, à la douleur, à des difficultés liées à l'apparence physique et à une radiothérapie du crâne, un traitement comportant des effets secondaires importants mais beaucoup moins utilisé aujourd'hui. Une analyse statistique plus précise a par ailleurs montré une association significative entre le risque de dépression et de suicide des survivants et leur état de santé, notamment l'existence de douleurs.

Bien qu'une minorité d'adultes ayant survécu à un cancer pédiatrique présente des symptômes suicidaires, cette proportion se révèle supérieure à celle de la population générale. Cette étude démontre par ailleurs que ces symptômes sont liés à la santé mentale et physique des patients plusieurs années après la fin du traitement. Cela souligne donc la nécessité d'une surveillance et d'une prise en charge accrue et pluridisciplinaire des survivants de cancers, concluent les auteurs.

(Journal of Clinical Oncology, 20 août 2006, vol. 24, n°24, p.3.852-3.857)

Réalisé et validé en collaboration avec des professionnels de la santé
sous la direction du Dr Anne Richard
 
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